r Exit 8
Genki Kawamura, Japan, 2025o
A man gets lost in an underground passage. He follows the "guide" through the passage, but one after another, strange things happen to him. Is this space real? Or an illusion? Will the man be able to escape the passage?
En règle générale, les films adaptés de jeux vidéo sont tous des catastrophes, victimes de la faiblesse de leur scénario, de leur laideur digitale et de leur absence d'interactivité. Au Japon toutefois, le genre aurait produit des choses nettement plus valables. Exit 8, sélectionné au Festival de Cannes en séance de minuit, en est le premier exemple à parvenir jusqu'à nous. Un drôle d'objet, réalisé par un producteur et romancier de bonne réputation, Genki Kawamura (N'oublie pas les fleurs, 2022). S'il y a clairement là une dimension ludique, pour une fois, elle se double d'une tentative de donner du sens. Tout commence par une scène dans le métro qui voit un jeune homme lâchement renoncer à intervenir. À peine descendu, un appel de son ex-petite amie lui annonce qu'elle est à l'hôpital, enceinte. Mais alors qu'il se dirige vers la sortie d'une station pour la rejoindre, il se retrouve prisonnier d'un couloir sans fin. En observant mieux les détails qui se répètent, il découvre les règles qui pourraient lui permettre d'échapper. Un salaryman, un petit garçon et une jeune femme qu'il croise auront aussi leur rôle à jouer... Visuellement, c'est soigné mais forcément aussi limité; métaphoriquement, avec son personnage d'«adulescent» paniqué devant la perspective de la paternité, c'est un peu appuyé. Au moins, ce film-ci ne dégénère par en jeu de massacre, et ses revirements restent surprenants. Pas sûr qu'ils fassent tous pleinement sens, sans parler d'une logique conceptuelle pas toujours évidente. Le tout donne néanmoins un film fantastique original, qu'on n'est pas près d'oublier.
Norbert CreutzGalleryo
